Soutenance de thèse de Meriem Jouini, 09 janvier 2019 à 14h à Montpellier SupAgro

Thèse soutenue le mercredi 9 janvier 2019 à 14h à Montpellier SupAgro, (2 Place Pierre Viala, 34060 Montpellier) à l’Amphithéâtre 206, batiment 9.

Meriem Jouini

 » Évaluation environnementale des pratiques agricoles et des aménagements de conservation par ACV : Cas du bassin versant de Merguellil de la Tunisie centrale ».

  • Ecole doctorale : SPSA –  Sciences des Procédés – Sciences des Aliments
  • Université : Montpellier II
  • Discipline(s) – Spécialité : Génie des Procédés et des Sciences des Aliments
  • Financement : Co-tutelle avec la Tunisie
  • Directeur de thèse :  Prof. Carole Sinfort, Montpellier SupAgro

Composition du jury

  • Mme Carole SINFORT, Montpellier SupAgro, Co-directrice de thèse
  • Mme Hajer AMARA, Institut National Agronomique de Tunisie (INAT, Tunisie), Co-directrice de thèse
  • Mme Maria Assumpcio ANTON VALLEJO, Institute of research & technology food & agriculture (IRTA,  Espagne), Rapportrice
  • Mme Sihem BENABDALLAH, Centre de Recherches et des Technologies des Eaux (CERTE, Tunisie), Rapportrice
  • M. Mahmoud Elies HAMZA, Institution de la recherche et de l’enseignement superieur agricoles (IRESA, Tunisie), Examinateur
  • M. Sylvain PERRET, Cirad, Examinateur
  • M. Julien BURTE, Cirad, Invité (co-encadrant)
  • Mme Nadhira BENAISSA, Institut National Agronomique de Tunisie (INAT, Tunisie), Invitée (co-encadrant)

Résumé :

Dans les zones semi-arides, l’agriculture est basée sur des ressources « eau et sol » limitées et fragiles souvent surexploitées. Pour garantir la durabilité de la gestion des terres agricoles dans les territoires ruraux, l’évaluation environnementale doit être intégrée pour soutenir les décideurs et les acteurs locaux dans leur prise de décision. Grâce à son exhaustivité, l’analyse du cycle de vie (ACV) est l’un des outils les plus largement utilisés pour l’évaluation des impacts sur l’environnement. Elle présente des caractéristiques d’approche globale (tous les impacts environnementaux potentiels sont considérés) et de cycle de vie (« du berceau à la tombe »). Cependant, l’ACV est difficile à appliquer dans les zones rurales des pays en développement. Premièrement, l’ACV nécessite beaucoup de données difficiles à collecter en raison de la diversité des petits systèmes agricoles. Deuxièmement, les résultats de l’ACV sont difficiles à interpréter par les non-spécialistes en raison de la complexité de ses multiples indicateurs. Troisièmement, les processus pris en compte dans l’ACV ne correspondent souvent pas aux valeurs et aux intérêts des parties prenantes. Notre zone d’étude est située à l’amont du bassin versant de Merguellil, en Tunisie centrale, un pays méditerranéen, caractérisé par un climat semi-aride avec une forte variabilité des précipitations et elle est considérée comme une importante zone de recharge des aquifères. L’amont du Merguellil réunit des enjeux environnementaux majeurs tels que des ressources variables et limitées, la sur-exploitation des ressources en eau, le faible contrôle de l’accès à l’eau et une dégradation accélérée des sols. Ces problèmes sont également rencontrés dans tout le bassin méditerranéen. Le développement d’une agriculture irriguée de plus en plus intensive et l’expansion rapide des aménagements de conservation ont posé la question de leurs impacts environnementaux et particulièrement sur la ressource sol. Dans le cadre de la gestion des ressources communes « eau et sol » et de la prise en compte de la diversité des pratiques agricoles au sein d’un territoire agricole, il est important d’évaluer les impacts à l’échelle d’un territoire. Notre objectif principal est de fournir aux décideurs des connaissances sur les impacts environnementaux des aménagements de conservation des eaux et des sols (CES) et des systèmes agricoles les plus pertinents par ACV à l’échelle du territoire. Dans cette thèse, nous avons proposé une démarche participative progressive et itérative pour analyser le territoire par rapport à son historique, ses composantes (les territoires de vie), ses fonctions, ses productions agricoles et ses composantes sociales (les familles). Nous avons fourni des modèles conceptuels partagés par tous les acteurs et avons collecté et validé toutes les données nécessaires pour l’évaluation environnementale. Un cadre méthodologique innovant a été proposé pour coupler l’ACV à cette approche participative et a permis de réaliser l’analyse des impacts environnementaux de tous les systèmes de culture. Enfin, la prise en compte des impacts des ouvrages de conservation des eaux et des sols en ACV a fait l’objet d’un développement spécifique. Deux indicateurs ont été explorés à l’aide d’un modèle d’érosion distribué (LandSoil) : la résistance à l’érosion et la filtration mécanique. Ces développements fournissent toutes les méthodes et les données pour éclairer la décision dans le cadre d’une gestion participative du territoire, et en particulier pour définir une stratégie d’aménagement durable pour les ouvrages de conservation des eaux et des sols.